#Packaging

L'Emballage en France

L’année 2017 confirme le dynamisme de l’industrie française de l’emballage dans un contexte macro-économique optimiste. Cette industrie a profité de l’amélioration de la conjoncture et de la hausse du pouvoir d’achat des ménages. L’e-commerce continue son déploiement avec l’augmentation du nombre de cyberacheteurs et de la fréquence des achats. Son chiffre d’affaires devrait dépasser les 90 milliards € en 2018. L’optimisme généralisé a toutefois été entaché par une concurrence des emballages venant de l’étranger et l’évolution à la hausse du coût de certaines matières premières.

DANS LA SUPPLY-CHAIN : 60% DES EMBALLAGES SONT DESTINÉS AU COMMERCE ET À L’INDUSTRIE

Les emballages en papier-carton représentent plus du tiers (39%) des tonnages d’emballage mis sur le marché français en 2015 et estimés à 12,47 millions de tonnes, devant le verre (22%), le bois (17%), le plastique (17%) et le métal (5%).

Tonnage de chaque matériau d’emballage mis sur le marché en 2015:

All4Pack
img 1

Source : Adème

Près de 60% (7,46 millions de tonnes) concernent les emballages industriels et commerciaux contre 40% (5,01 millions de tonnes) sont relatifs aux emballages ménagers.

Emballages ménagers en % en 2015 :

All4Pack
img2

Emballages industriels et commerciaux en % en 2015:

All4Pack
img3

L’EMBALLAGE PLASTIQUE RESTE LEADER

Le marché français de l’emballage plastique confirme sa 1ère place en valeur en 2017 avec un C.A. de 7,9 milliards € contre 7,7 milliards en 2016 (année affichant déjà une croissance de +1,7%) soit +2,6%. 

2,27 millions de tonnes de matières plastiques ont été transformées et utilisées dans l’emballage contre 2,18 Mt en 2016 qui alignait alors une croissance de 2,4%. Ce secteur compte 320 entreprises et 38 000 collaborateurs. L’emballage représente le premier secteur utilisateur de matières plastiques avec près de 45,1% consommées en France et 39,9% à l’échelle européene.

La demande de plastique par secteur en % :

All4Pack
img4

Source : PlasticsEurope Market Research Groupe (PEMRG)

Les secteurs clients de la cosmétique, des produits d’hygiène, d’entretien, de la pharmacie et de la chimie tire la croissance de l’activité plus que l’industrie agroalimentaire qui représente près de 68% de ce secteur d’activité. Les prix des matières plastiques, déconnectés du pétrole, demeurent fortement volatiles depuis 2014 et alternent entre hausses et chutes.

Parallèlement, la contestation des plastiques se développe et les réglementations se durcissent. 

En France, la vaisselle jetable en plastique, sauf biodégradable, devrait disparaître en 2020. Les sacs plastiques fins non compostables y sont déjà interdits depuis 2017. Et la Commission européenne a proposé d’interdire les cotons tiges, couverts, assiettes, pailles, mélangeurs à cocktails et tiges de ballons en plastique. Des mesures similaires se multiplient dans le monde sur fond d’images d’océans étouffant sous le plastique.

Du carton ondulé pour l'industrie et le e-commerce

La production des papiers et cartons d’emballage représente 56% du total de la production française de papiers et cartons alors que cette part était de 45 % en 2002. Cette production continue sa progression en 2017 (+1,7 % à 4 514 tonnes) soutenue notamment par l’accroissement de l’activité des entreprises produisant des papiers pour ondulé (PPO).

Les emballages en papier-carton 

Ils sont utilisés à plus de 55% dans l’agroalimentaire mais également dans l’hygiènecosmétique-parfumerie, l’électro-ménager, l’industrie, etc. Ainsi les emballages liés aux activités industrielles (emballages B to B, de regroupement et de transport, pour la restauration…) représentent 80% de la production nationale en poids des emballages papier-carton, les emballages ménagers constituent le reste, soit 20%. Ils se répartissent en cinq familles différentes dont le carton ondulé qui constitue 65% des emballages papier carton mis sur le marché, loin devant le carton plat (22%), les papiers d’emballage souples (12%) et ceux à base de cellulose moulée (1%).

Les emballages en carton ondulé

Ils sont produits par 17 groupes et 73 sites avec 11 600 employés à raison de 2,847 millions de tonnes en 2017, soit + 0,1% par rapport à 2016, pour 5,53 milliards de m2 (soit + 2% par rapport à 2016) dont 20% ont été vendus en plaques et transformés dans des cartonnages. Le chiffre d’affaires du secteur est de 2,69 milliards d’euros, soit + 2,5% par rapport à 2016. Ce résultat doit être considéré à la lumière des deux fortes hausses des prix des papiers en 2017 avec une répercussion partielle surtout en deuxième semestre. Les marchés de l’e-commerce continuent d’être moteurs de développement pour ce secteur. En effet, 80% des colis sont conditionnés dans des emballages en carton ondulé et l’e-commerce représente 4 % des parts de marché du carton ondulé et plus 460 millions de colis en 2016.

Les cartonnages

Ils représentent 530 entreprises et 14 000 salariés. La production totale en 2017 a été de 1,3 millions de tonnes et le chiffre d’affaires de 2,6 milliards d’euros hors boîtes liquides alimentaires. 2017 aura été une année de reprise
de l’investissement dans l’objectif d’augmenter les capacités et d’économiser sur les coûts.

Les emballages «complexés» 

Ils composés de couches de matières différentes associées à plus de 50% de papier carton tels que briques alimentaires ou tubes de chips pour apéritif. Les briques alimentaires issues d’un seul site de production représentent 3,5 Mds UVC mises en marché soit 83 000 tonnes (avec l’export), soit 64%. Pour la première fois, la brique passe en 2017 en dessous du plastique dans le marché des jus de fruit avec une perte de 3 points de parts de marché (45% briques vs 48% bouteilles plastique). Sa part de marché continue également à s’éroder dans le lait (45,3% en 2017 vs 46,7% en 2016).

Les sacs papier 

Ils comportent les sacs industriels et commerciaux dont les ventes représentent 679 millions de sacs (soit + 2,8%) et 97 400 tonnes, et les sacs de conditionnement grand public et petits sacs toujours en croissance mais sur un rythme moins soutenu (5% par an). L’interdiction des sacs plastiques de moins de 50 microns d’épaisseur depuis le 1er juillet 2016 a boosté la consommation de papiers pour l’emballage souple, tout comme le développement du drive. Tous les secteurs étaient en croissance pour les sacs industriels et commerciaux et spécialement ceux pour produits minéraux (+5.3%), les matériaux de construction hors ciment (+4.5%) et les produits chimiques (+3.9%).

Les papiers alimentaires de pliage et d’emballage souple

Ils voient leurs volumes de production stables en 2017 à défaut de maintenir les prix des matières qui ont augmenté suivant les qualités de manière significative en moyenne de 10 %.

Les emballages en cellulose moulée 

Ils sont produits pour 108 000 tonnes par entreprises essentiellement pour l’emballage des oeufs.

Le verre : luxe éternel

La France possède l’une des industries de l’emballage en verre les plus développées et les plus diversifiées au monde et compte 17 usines verrières et 14 centres de traitement. Le premier producteur mondial de verre d’emballage possède le plus grand nombre d’usines en France avec neuf sites et son siège. Son challenger possède sept usines réparties de façon similaire sur le territoire français. On observe une concentration d’usines de verre dans le nord de la France,  principalement dans la vallée de la Bresle en Normandie qui, avec 70 entreprises employant plus de 7 000 personnes dont 60% de verriers, réalise plus de 70 % de la production mondiale de flacons de luxe pour la parfumerie, les spiritueux ou la pharmacie pour un chiffre d’affaires de 1,5 à 2 milliards €.

Certains de ces sites verriers ont renoué avec les investissements en 2017.

Du métal pour les canettes

Le chiffre d’affaires global de l’industrie de l’emballage métallique a terminé en forte progression de +8,7% en 2017 à 1 170,4 millions €. Cette évolution est le reflet des hausses des matières premières répercutées sur les prix de vente et de la modernisation de certains sites devenus opérationnels pour répondre à la demande. Les ventes de boîtes en acier enregistrent un plus fort dynamisme avec +12 % à 787,8 millions € que les boîtes en aluminium avec +2,6% à 382,6 millions €. Les tonnages en revanche enregistrent une très légère diminution de -0,6% pour 498,5 milliers de tonnes qui serait l’expression d’un poids plutôt standard que réel pour certains emballages déclarés. Les exportations enregistrent une hausse de +25,1%.

Sur 1 an (sept. 2017 vs sept. 2016), le marché des canettes pour boissons a enregistré une hausse de +0,8% en valeur et une stabilité des unités vendues à -1%. 5 milliards de canettes sont consommées en France, soit 76 canettes par
habitant. Plus d’une bière sur quatre est vendue en canette et le phénomène des canettes slim / sleek continue de faire fureur : 27% des volumes de soft drinks consommés en France et au total 1 milliard d’unités distribuées, soit environ 20%
des canettes remplies en France en 2016, contre seulement 8% encore en 2014. 

La production de boîtes pour conserves appertisées affiche quant à elle une baisse de -6,2% à 212,3 milliers de tonnes avec une légère augmentation de formats différents et généralement plus petits. L’alimentaire non appertisé reprend quelques couleurs après le transfert de certaines productions hors de France suite à la loi française suspendant l’utilisation du BPA dans les matériaux au contact alimentaire. Les boîtiers pour aérosols et les emballages industriels sont désormais
réunis dans les mêmes chiffres de production à 61,3 milliers de tonnes, tandis que le chiffre d’affaires du bouchage en acier enregistre une hausse de +17,1% à 78,8 millions € malgré une diminution du nombre de sites de production.

Le bois discret mais présent

L’industrie de l’emballage en bois repose en 2015 sur 980 entreprises, 1 138 établissements avec 17 300 actifs pour un C.A. de 1 688 millions €. Trois métiers se révèlent de manière assez homogène :

  • La fabrication de palettes/caisses palettes : 499 millions € de C.A. dont 60 M€ pour la seule fabrication de caisses-palettes : 580 entreprises et 6 900 actifs;
  • Le reconditionnement des palettes : 407 millions € de C.A. : 200 entreprises et 3 200 actifs;
  • La fabrication d’emballages industriels : C.A. 374 millions € : 410 entreprises, 4 500 actifs).
  • L’activité de fabrication de caisses et d’emballages industriels a enregistré + 3 % sur l’ensemble de l’année 2017.

Tandis qu’avec seulement 40 entreprises et 1 900 actifs, l’emballage léger en bois représente 198 millions € en 2015. Ces entreprises totalisent un potentiel de production de 800 millions à 1 milliards d’unités par an telles que cageots, cagettes, bourriches, boîtes, barquettes etc. avec 45 entreprises et pour un C.A. de 250 millions €. Le total des autres activités, dont des prestations de services, est loin d’être négligeable avec 210 M€ en 2015.

Une demande en bois très soutenue au niveau mondial et des disponibilités limitées dans certaines régions font augmenter les prix du bois avec pour conséquence des répercussions sur les prix de vente des palettes. Ainsi depuis le début d’année 2017, le prix moyen des sciages, toutes essences et sections confondues, a augmenté au minimum en France de 15 à 20 euros/m3, traduisant une augmentation moyenne de l’ordre de 10 à 12%.

DANS UNE ÉCONOMIE QUI VEUT PRIVILÉGIER L’USAGE PLUS QUE LA POSSESSION, PEUT-ON SE PASSER DE L’EMBALLAGE QUI PERMET L’USAGE DES PRODUITS ?

Quel que soit le produit, «la concurrence internationale exacerbée que rencontrent les fournisseurs de produits et d’équipements leur impose, pour préserver et développer leurs positions sur leurs marchés, de monter en gamme leur offre de façon continue. Les caractéristiques techniques et la qualité intrinsèque des produits sont depuis longtemps des facteurs de différenciation.

Aujourd’hui, les fournisseurs doivent apporter toujours plus de valeur à leurs clients, en intégrant les multiples fonctions d’usage du produit et les services associés. Une bonne partie de ces fonctionnalités, qui répondront aux grands enjeux sociétaux (vieillissement de la population, santé, sécurité et liberté, mobilité, lien social, transition énergétique...) reste encore à inventer. L’étape ultime consiste à vendre l’usage d’un produit plutôt que le produit lui-même. »

Permettre l’usage des produits : n’est-ce pas une des fonctions essentielles de l’emballage que l’on devrait d’ailleurs mesurer en termes d’utilisabilité ? L’utilisabilité ou aptitude à l’utilisation est définie par la norme ISO 9241-11 comme « le degré selon lequel un produit peut être utilisé, par des utilisateurs identifiés, pour atteindre des buts définis avec efficacité, efficience et satisfaction, dans un contexte d’utilisation spécifié. » Peut-on dès
lors se passer de l’emballage pourvu qu’il soit éco-conçu ?

DES MACHINES D’EMBALLAGE POUR L’INDUSTRIE DU FUTUR

Les machines d’emballage et de conditionnement produites en France par 147 unités légales regroupant 4 597 salariés enregistrent un C.A. de 976 millions €. La production française de 626 millions € en 2016 diminue de -3,8% par rapport à 2015 alors que la consommation apparente croît de +5% à 749 millions €. En conséquence, les importations augmentent de +22,2% à 583 millions € bien que les exportations enregistrent +11,1% d’augmentation à 460 millions €.

L’attractivité du marché français reste toujours forte tout comme sa spécificité en production de machines d’emballage et de conditionnement. 

Et c’est tout le paradoxe !

A titre de comparaison le C.A. des fabricants italiens de machines d’emballage est de 7,190 milliards € en 2017 dont 79,1% à l’export contre 6,604 Mrds€ en 2016. A l’heure de la French Fab et de l’Industrie du Futur : des accélérateurs permettent de transformer les entreprises grâce aux nouvelles technologies que sont l’impression 3D, l’intelligence artificielle, la robotique, le digital, le big data, etc. Les entreprises accompagnées innovent, entrent dans l’industrie du futur,
développent leur chiffre d’affaires, partent à l’exportation, modifient leurs modèles d’affaires et se tournent avec une démarche plus affirmée vers la responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

En Allemagne, les entreprises semblent déjà un cran plus loin. Elles espèrent améliorer la flexibilité de leur production grâce à Industrie 4.0, ce qui les pousse à investir. Selon un sondage réalisé par Bitkom et EY en 2017, 45 % des entreprises allemandes interrogées utilisaient l’an dernier des solutions estampillées Industrie 4.0. Un chiffre en hausse de 6 points en un an. En France, les fournisseurs de machines d’emballage, de conditionnement et d’équipements pour l’intralogistique interrogés dans le cadre de l’Observatoire All4pack estiment à 56% que les technologies de l’Industrie du Futur réduisent le temps de mise en marché et qu’elles augmentent productivité et capacité de production pour 51% d’entre eux.

Téléchargez la fiche marché

Suivez-Nous sur les réseaux sociaux