L'interview de Renaud Buronfosse du CISMA

"Avec un CA de 4,5 milliards d’euros, le secteur de la manutention ne s’était pas aussi bien porté depuis 2009"

- Renaud Buronfosse, Délégué Général du CISMA

Les ventes de systèmes automatisés sont en passe de dépasser celles des chariots industriels

Jusqu’à il y a peu, le marché des chariots industriels dépassait celui des systèmes automatisés en France et en Europe. En 2017, ces deux marchés pesaient à égalité aux alentours de 1,5 milliard d’euros. Cette année, les chariots industriels devraient être en infériorité.

Principale raison à cela selon le Cisma : l’automatisation désirée par beaucoup d’entreprises a poussé les constructeurs à faire évoluer leur offre.

Ceux qui ne faisaient que du chariot classique se sont mis à la robotisation, de même que les rayonnages statiques sont devenus dynamiques. Les entreprises exigent désormais des « solutions » et non plus seulement du matériel de manutention et les constructeurs doivent en conséquence être de plus en plus polyvalents, ce qu’ils parviennent à devenir soit par le rachat d’autres entreprises, soit en Interview de Renaud Buronfosse, Délégué Général du CISMA se rapprochant d’autres, avec des compétences complémentaires.

Le secteur de la manutention est donc très dynamique, avec un chiffre d’affaires de production en 2017 de plus de 4,5 milliards d’euros en France. 

Les entreprises du secteur de la manutention sont confiantes

Le dernier Indicateur du Sentiment Econo-mique (ISE*), publié en février 2018 par le Cisma, atteint les 32,3%, un niveau de confiance atteint la dernière fois en 2007.

Ce record s’explique par :

  • un contexte économique porteur
  • une hausse des dépenses d’investissement productif,
  • avec des besoins d’équipements de manutention qui restent par conséquent importants.

Le carnet de commandes de ce secteur se situe largement au-dessus de sa moyenne de longue période et continue de progresser. Ainsi, en janvier 2018, plus de 20 semaines d’activité étaient prévues par les entreprises du secteur adhérentes du Cisma.

Autre élément laissant augurer une bonne activité dans les prochains mois, le taux d’utilisation des capacités de production concernant les matériels de levage et de manutention atteint 87%, signifiant que les entreprises pourraient avoir besoin de matériel supplémentaire pour soutenir leur activité, dans un proche avenir.

Le développement du e-commerce étoffe l’offre intralogistique

Les évolutions de l’offre sont principalement encouragées par le développement du e-commerce, qui enregistre chaque année un taux de croissance à deux chiffres.

Outre la transformation de l’offre «classique», de nouvelles sociétés sont également nées ces dernières années pour répondre à ces nouvelles attentes, proposant des solutions modulaires, automatisées et moins chères.

On voit également se développer les offres de location de matériel, sans doute pour accompagner les entreprises du e-commerce qui n’ont pas toujours une grande visibilité sur leur activité future. Entre l’évolution de l’offre des constructeurs «classiques» et celle des nouveaux acteurs, et avec un secteur e-commerce en croissance forte et constante, le secteur de l’intralogistique enregistre de très bons résultats.

Gestion de la «data», sujet d’avenir pour les constructeurs

Autre sujet d’actualité pour les constructeurs du secteur de l’intralogistique : la data.

Ils récupèrent en effet beaucoup de données, mais ne savent pas encore comment la traiter, l’analyser et déterminer qui peut y avoir accès, tout au long de la chaîne logistique.

Certes, certains constructeurs de chariots proposent déjà des logiciels de gestion de flottes très détaillée permettant de déduire et d’examiner en détail l’activité de l’entrepôt, ses variations, ses faiblesses, ses améliorations possibles... mais il reste encore à décider qui possède ces données, qui peut les exploiter tout au long de la chaîne logistique... il persiste donc des questions technologiques et juridiques à éclaircir.

Quel avenir pour les cobots ?

La robotique collaborative commence à faire parler d’elle en France, dans un contexte de lutte contre la pénibilité et les troubles musculo-squelettiques. Si d’aucuns imaginent un entrepôt sans humain, remplacé in extenso par les machines, il est plus raisonnable de voir ces innovations comme une aide au travail de l’Homme. Pour Renaud Buronfosse, « il est étonnant que ces solutions, cobots, exosquelettes, etc., ne soient pas plus présentes sur les salons professionnels de manutention ».

*L’Indicateur du Sentiment Economique se calcule en faisant la différence entre les opinions positives et les opinions négatives, et s’exprime en pourcentage.

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