Le marché de l'alimentaire

CHIFFRES CLES

LES INDUSTRIES ALIMENTAIRES EN EUROPE (SOURCE : Data & Trends of the European Food and Drink Industry)

  • C.A. : 1 244 milliards € (2013)
  • 4,2 millions de salariés (2013)
  • 289 000 entreprises (2013)
  • 1 ersecteur industriel de l’UE (2013)
  • 91,7 milliards € et 27,6 milliards € d’excédent brut commercial (2014)

LES INDUSTRIES ALIMENTAIRES EN FRANCE (Source : Ania)

  • C.A.: 170 milliards € (183 Md € avec l’artisanat commercial) (2015)
  • 16 218 entreprises (dont 98 % de TPE-PME) (2015)
  • 440 926 emplois (2015)
  • 4ème exportateur mondial derrière les USA,l’Allemagne et les Pays-Bas soit 21 % du CA. (2015)

Conjoncture

En 2015, Allied Research Market prévoyait que le marché mondial des denrées et boissons emballées atteigne 3 030 milliards US$ en 2020 avec un taux de croissance annuel moyen (TCAM) de 4,5 % entre 2015 et 2020. Les segments les plus porteurs sont les boissons non-alcoolisées et les baby-food. Le marché le plus demandeur est l’Asie-Pacifique qui devrait croître de 5,4 % l’an durant la période.

En 2016 cependant, Euromonitor a abaissé ses propres prévisions de croissance pour le marché mondial des aliments emballés de 2,5 à 2,3 % pour la période 2015-2020 du fait du ralentissement des marchés émergents, et spécialement du Brésil.

Globalement, le système alimentaire mondial se complexifie comme le montre l’étude « Vigie Alimentation 2015 » de Futuribles International qui identifie dix grandes tendances.

Parmi les tendances lourdes en relation avec la consommation figurent la suprématie des grands groupes et marques internationales de l’alimentaire, la domination des grandes surfaces dans la distribution et la concentration de la grande distribution au sein de l’Europe. Parmi les tendances émergentes : l’implantation de la production biologique et l’engouement en faveur des produits locaux et circuits courts ou « consommation locavore ».

Ces tendances font naître des tensions dans le système alimentaire entre mondialisation et relocalisation ou entre circuits longs et circuits courts, entre agriculture industrielle et agro écologie, ou encore entre une logique d’offre (agriculteurs, IAA) et une logique de demande (consommateurs, citoyens). Mais des ruptures pourraient modifier fondamentalement les équilibres comme les nouvelles sources de protéines (insectes, algues ou microorganismes), l’impression 3D alimentaire, ou encore à l’alimentation digitalement assistée.

Le C.A. des IAA européennes de 1 244 milliards € en 2014 provient à 20 % de l’industrie de la viande, suivie par les boissons (14 %), les produits laitiers (11 %) et les produits de boulangerie et farines (11 %). Ces industries et celles multi-produits représentent plus de 80 % des employés et entreprises du secteur.

En France, les industries agro-alimentaires représentent 19,9 % de l’industrie manufacturière française (7,1 % en Allemagne à 193 milliards € et 15,1 % au Royaume Uni à 114 milliards €).

1er secteur manufacturier français, les IAA enregistrent un C.A. de 170 milliards € en 2015, mais l’ANIA (Association nationale des industries alimentaires) précise que décembre 2015 est le 30ème mois consécutif de déflation pour l’ensemble des PGC (-1,2 % en 2014 et -1,1 % en 2015).

Le taux de marge des IAA françaises serait à son plus bas niveau depuis 40 ans et les conséquences se font sentir au niveau des investissements. Entre les prévisions de juillet 2015 (+9 %) et les résultats en janvier 2016 (-7 %), l’investissement dans l’industrie alimentaire a été révisé à la baisse de 16 points. Malgré des taux d’intérêt bas, le prix à la baisse du pétrole, les cours des matières premières alimentaires -certes volatiles- mais à la baisse ; la rentabilité des IAA françaises décroche par rapport aux autres secteurs.

Les entreprises focalisent leurs efforts sur l’export (21 % du C.A. du secteur et 8,1 milliards € d’éxcédent commercial) et l’innovation dont :

  • l’innovation technologique (44 % des entreprises) qui regroupe l’innovation produit et l’innovation de procédés (production, logistique).
  • l’innovation emballage/design (43 % des IAA contre 21 % pour les autres secteurs industriels).

LES ENJEUX DU SECTEUR LIÉS À L’EMBALLAGE

  • Pour lutter contre le gaspillage et gérer les dates de péremption, le Ministère français de l’agriculture promeut la Date de Durabilité Minimale et son homologue allemand les supprimerait au profit d’une puce qui indique l’état de fraîcheur des aliments selon une échelle de couleur. De leur côté, les IAA mettent en oeuvre de nouvelles technologies de conservation des aliments, des emballages au taux derestitution optimisé, aux formats adaptés au plus près aux modes de consommation, de distribution et aux besoins nutritionnels, portionnables, refermables, des emballages actifs (composés antimicrobiens ou antioxydants), interactifs ou intelligents. A suivre : le secrétariat d’état français chargé de la réforme de l’état souhaite créer un label pour les emballages à ouverture facile.
  • Le e-commerce alimentaire des pure players se développe en France avec la boutique en ligne d’épicerie et de boissons d’Amazon proposant 34 000 références et avec Cdiscount associé à Franprix (groupe Casino) et ses 4 000 références. Ce développement et celui du drive, la demande croissante pour des denrées prêtes à l’emploi, la séniorisation des marchés, les 20 % de foyers mono parentaux, le snacking, le nomadisme sont autant de paramètres segmentant le marché alimentaire français. Les industriels y répondent par des emballages pratiques, ergonomiques, sains, sécurisés. A suivre : les travaux de la DG Sanco sur une Limite de migration spécifique (LMS) du BPA répondant au principe de précaution.
  • Inspirées par la gastronomie mondiale, les marques expérimentent des couleurs vibrantes, une communication qui associe qualité technique et origine naturelle, de nouveaux designs, et même l’origami, pour créer des expériences inédites liées à l’emballage et rallier les suffrages des réseaux sociaux devenus véritables canaux de communication. Après le QR code et la réalité augmentée : bienvenue à l’emballage digital, connecté, communicant et personnalisé grâce la NFC (Near Field Communication), au Bluetooth et à l’impression numérique !
  • Le règlement européen Inco prévoit la possibilité d’apposer de façon volontaire sur les emballages, un système graphique d’information sur la qualité nutritionnelle des denrées. En France, l’Anses a évalué deux systèmes : le système 5-C développé par la FSA (Food Standards Agency) et le système SENS (Système d’Etiquetage Nutritionnel Simplifié) porté par la FCD (Fédération du Commerce et de la Distribution). Ces deux systèmes convergent et seront testés en conditions réelles au second semestre 2016.
  • La loi française sur la transition énergétique du 31 mars 2016 interdit la distribution aux caisses de sacs jetables de moins de 50 microns d’épaisseur (hors biodégradables et compostables) à compter du 1er juillet 2016. Sont également interdits les sacs plastiques jetables en rayon à partir du 1er janvier 2017, la part de résine biosourcée devant représenter au moins 30 % du poids du sac en 2017, 40 % en 2018 et 50 % en 2020.
  • Poursuivant leurs efforts en écoconception des emballages, les IAA ont le « zéro déchet » comme ligne d’horizon. Cela passe par l’emploi de matériaux recyclés autorisés au contact alimentaire, par la valorisation des sous-produits sous forme d’emballages bio-sourcés et biodégradables en PHA (polyhydroxyalcanoate) par exemple, mais également en concevant des emballages qui s’inscrivent dans un schéma de massification des flux des déchets et d’industrialisation des centres de tri.
  • Enfin l’emballage en logistique et intra logistique s’affirme comme levier d’économies, de sécurité et d’efficacité. Que l’on parle de puce RFID dans l’emballage secondaire et tertiaire ou de logistique inverse ; l’objectif est également d’assurer la traçabilité des produits alimentaires pour laquelle certains envisagent une sérialisation des couplesproduit/emballage afin de garantir l’origine des denrées.

PARMI LES EXPOSANTS DU SECTEUR AGRO-ALIMENTAIRE :

BFG Packaging / BFR.S sas / BOULANGER / BRODART PACKAGING / CARTOTECNICA POSTUMIA / CCPIT-MSC-CHINA / CGL PACK / CHINA FOOD AND PACKAGING MACHINERY INDUSTRY ASSOCI / Codefine SA / DaklaPack France / ESPERA / EUROTECH PACKAGING / FILPACK - FILPACK INDUSTRIE / FOCKE MELER GLUING SOLUTIONS / GOGLIO / HEBERT/ HERPLAST / Ishida Europe - France / JOKEY / LACROIX EMBALLAGES / NOVEXX SOLUTIONS / PACKINOV / PET Engineering / / PFM S.P.A. PACKAGING MACHINERY / PROMO SOLUTION LTD / ROVEMA / SAINT-ANDRE-PLASTIQUE / SCELLINOX / Schur Star Systems / Société Générale des Techniques (SGT) / SOMTAS CONVERTING EQUIPMENT / SUMITOMO DEMAG / TAVIL / TECMA-ARIES / WES Worldwide Expo Services ShenzhenLtd. Liste arrêtée au 12/06/2018

Source : Annette Freidinger-Legay, expert international en emballage et conditionnement et consultante pour le salon ALL4PACK Paris